Archive pour 'éducation'

Mixité à l’école, un principe à revoir ?

ÉDUCATION Les grandes problématiques de la rentrée scolaire

Mixité à l’école, un principe à revoir ?

Révélée par les médias de gauche et la hiérarchie de l’enseignement catholique, la crise de la mixité scolaire l’on dit, plus pudiquement, les « ratés » vient s’ajouter aux grandes misères de l’école Ferry (Jules).

« Mixité scolaire » : serions-nous ici face à l’une de ces données sociales « intouchables » ?

La sociologie réelle se moque des tabous, il ne saurait y avoir pour elle de sujets défendus. Aucun principe, aucune institution fussent-ils les plus prestigieux ne sauraient échapper à son regard critique. La famille « bonne-en-soi », la mixité des élèves, préposée à toutes les vertus, sont leurres sociaux, rien d’autre. Soumettons donc à l’examen scientifique la cohabitation des filles et des garçons à l’école.

Car il y a bel et bien crise de la mixité scolaire à tout le moins dysfonctionnements. Il reste à en identifier les symptômes. Deux séries de faits sont avancées, qui paraissent la mettre directement en cause : la réussite inégale des garçons et des filles celles-ci se révélant plus performantes, tant dans l’enseignement primaire que scondaire , et les violences sexistes, voire les agressions sexuelles des garçons sur les filles.

Mais existe-t-il un vrai rapport de causalité entre ces faits et la mixité censée les produire ? Pas sûr. Il semble d’abord que l’inégalité sexuelle des succès scolaires tienne avant tout aux plus grandes capacités d’adaptation des filles au système, à la conscience aiguë des enjeux chez ces dernières (le diplôme favorise l’émancipation familiale et facilite l’insertion professionnelle). Quel que soit le contexte d’enseignement, école mixte ou école séparée, les filles obtiennent donc de meilleurs résultats que les garçons ; il semble également pour ces derniers que le contexte importe peu : mélangés ou séparés des filles, leurs résultats demeurent le plus souvent inférieurs à ceux de leurs camarades.

S’agissant des violences masculines dont l’enceinte scolaire mixte est, de plus en plus souvent, le théâtre, leur origine paraît moins imputable à la mixité elle-même celle-ci donne évidemment l’occasion du passage à l’acte qu’à un dérèglement général des relations entre les sexes. On voit alors les limites d’une action qui viserait l’élimination des violences sexistes à l’école et ne s’attaquerait pas, parallèlement, aux violences dans les cités, ou dans la rue : le traitement des violences sexistes et sexuelles suppose bien un traitement global.

Pourtant, il y a bel et bien crise de la mixité scolaire.

Faisons ici une courte incidente. Il faut d’abord sortir des faux-semblants et de l’hypocrisie ambiante. Généralisée en France depuis la fin des années 1960, la mixité n’est pas partout dans les écoles, n’est pas pour tous les élèves. Si les élèves du primaire et des collèges (à quelques exceptions près) en bénéficient, nombre de lycéens en sont exclus. Par le jeu des sections dans l’enseignement général ou des filières professionnelles dans l’enseignement technique, la mixité est parfois introuvable. Faut-il rappeler, par exemple, que 82,4 % des élèves de section L (littéraire) sont des filles et 92,4 % des élèves de section sciences et techniques industrielles sont des garçons ? Que 99,7 % des élèves inscrits en première année de BTS sont des filles et 99,1 % des élèves de mécanique-automobile sont des garçons (chiffres pour l’année 2000-2001) ?

Il faut ensuite signaler qu’un peu partout en Europe, sans que soit remise en question la « règle » de la mixité, des « aménagements » et des correctifs lui sont apportés. Ainsi certaines disciplines comme l’EPS (éducation physique et sportive) ou l’« éducation sexuelle » se soustraient-elles volontiers à une application brutale de la mixité, ménageant des temps de séparation, pour le meilleur épanouissement personnel, et la meilleure performance, de l’un et l’autre sexe. A quoi bon, en effet, mêler, dans le sport collectif, des garçons et des filles dont les aptitudes, les capacités, l’expression technique divergent ?

C’est ici évoquer le champ des différences entre les sexes, un sujet qui fâche. Or, toutes les études scientifiques attestent de ces différences. L’on sait aujourd’hui que les garçons ont une meilleure perception de l’espace et de la place qu’y occupent les objets que les filles. Que ces dernières, en revanche, réussissent mieux dans les tâches qui font intervenir le langage. Force physique, vélocité semblent plutôt du côté des garçons, grâce artistique et souplesse du côté des filles. Question : que fait-on ici de ces différences ? Si l’on naît bien homme ou femme la biologie tord ici le cou à la philosophie beauvoirienne l’on ne naît pas, dans l’espèce humaine, dominant ou dominé. L’existence d’une essence masculine ou d’une essence féminine ne saurait donc justifier une situation sociale hiérarchique entre les hommes et les femmes. Qu’il en soit ainsi est affaire de culture, non de nature.

Entrée par la petite porte, en catimini, et sans débat préalable, dans le système français, la mixité scolaire ne saurait être considérée comme un grand principe de la République, au même titre, au même rang, que la laïcité ou l’égalité des chances. La mixité est un outil peut-être d’abord pédagogique dont la légitimité dépend de l’efficacité. Mais à quoi sert-il exactement, cet outil ? Que vise-t-on avec lui ? Un meilleur épanouissement des individus ? De meilleures performances de la part des élèves ?

Mixité-égalité : voilà bien la confusion sémantique par excellence. N’a-t-on pas longtemps pensé que la première engendrait nécessairement la seconde ?

Mixité-respect : voilà bien une autre association majeure. N’a-t-on pas longtemps affirmé que la fréquentation des sexes, amenant leur connaissance mutuelle, apaiserait leurs rapports ?

Mixité-émulation : encore une évidence énoncée. N’a-t-on pas longtemps soutenu que la coexistence des sexes permettrait à l’un et à l’autre de se transcender ?

Les faits démentent toutes ces associations. Il faut donc en finir avec la mixité « bonne à tout faire ». La coéducation ne porte pas en elle-même tous les bienfaits. C’est pourquoi nous suggérons un usage prudent de l’outil. Si la règle de la mixité dans l’enseignement primaire et au lycée ne doit pas être remise en question il conviendrait même de l’étendre là où elle n’existe toujours pas, dans la cour de récréation des écoles, par exemple n’est-elle pas à atténuer au collège, là où dans les petites classes (6e, 5e) l’avance de « maturité » des filles peut contrarier l’avance scolaire des garçons ? Pourquoi ne pas la rendre optionnelle, permettre le temps d’une année scolaire, à des garçons et filles volontaires, de faire le choix de la séparation ?

Chacun aura compris que le véritable combat pour demain est celui de l’égalité réelle des chances entre garçons et filles, à l’école bien sûr, mais aussi dans la vie sociale et professionnelle. Chacun aura compris que ce dont il est vraiment question pour l’école, c’est la réalisation de l’apprentissage des valeurs de respect, de tolérance, la préparation du bien-vivre ensemble.

* Sociologue au CNRS, auteur de l’ouvrage Les Pièges de la mixité scolaire venant de paraître aux Presses de la Renaissance.

 

Un article sur la mixité à l’ école

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/09/13/01016-20100913ARTFIG00658-mixite-a-l-ecole-la-fin-d-un-dogme.php

 

Article Nord-Eclair du 11/09/10

ÉDUCATION NATIONALE

Parents de la FCPE et syndicats enseignants : mêmes combats…

Baisse des moyens, effectifs trop lourds, professeurs absents non remplacés. La FCPE Nord, principale fédération de parents d’élèves, et les syndicats enseignants tirent le bilan d’une rentrée plutôt noire.

CHRISTELLE JEUDY > christelle.jeudy@nordeclair.fr
Vigilance, action, réaction… Ce pourrait être le mot d’ordre des parents d’élèves de la FCPE Nord en cette rentrée scolaire 2010/2011 sur laquelle ils ne portent pas du tout le même regard que le recteur de l’académie de Lille (lire par ailleurs en page 2 et 3).
Et Patrick Patte, secrétaire général de la fédération, de lister les nombreux « et importants dysfonctionnements » recensés à tous les niveaux du système scolaire. « Pas de prof d’histoire-géo au lycée Faidherbe, un congé maternité non remplacé ; trois élèves inscrits en section Euro espagnol et noyés dans un cours normal », relève-t-il en enchaînant sur les effectifs aberrants constatés dans certaines classes (31 à 35 élèves par classe dans un lycée de la métropole lilloise ; 30 élèves en allemand dans un collège, etc.). « Et même 36 élèves dans une 1è re ES au lycée Fénelon à Lille ! », s’exclame le président de la FCPE Nord, Hachemi Salhi.

//Article Nord-Eclair du 11/09/10 dans éducation

Protester devant la justice
De toutes parts, des témoignages de parents relaient les absences d’enseignants non remplacés. « L’an dernier, nous avions déjà dénoncé cette carence au rectorat », note la FCPE pour qui la situation ne s’est pas arrangée cette année. Et le représentant du SNES, principal syndicat enseignant dans le secondaire, de dénoncer la pratique consistant à « rechercher en interne » un professeur remplaçant. « C’est une responsabilité de plus que l’on fait peser sur les enseignants à qui l’on demande d’être volontaires pour assurer un remplacement », explique-t-il.
La FCPE se veut combative sur le front des enseignants absents. « Nous proposons au rectorat la mise en place d’un management unique des remplacements », explique Hachemi Salhi. Et si rien ne change, « nous donnerons des consignes judiciaires » aux adhérents, ajoute le secrétaire général pour qui « le non remplacement d’un enseignant est une rupture de continuité du service public ».
Bernard Steelandt, pour le SGEN-CFDT, décrit « les pressions » exercées par le rectorat pour que des enseignants acceptent d’être nommés tuteurs des professeurs stagiaires. « Nous avons l’exemple d’un collège où l’on a exigé le jour même pour 17 h que l’on trouve un tuteur pour un stagiaire en anglais, hors matière concernée s’il le faut », a-t-il témoigné.
Et tous, du SNUipp/FSU au SNES-FSU, à la CGT Éduc’Action en passant par l’UNSA Éducation et le SGEN-CFDT, de protester contre la « politique de suppressions de postes » qui menace « la qualité de l’enseignement ». En refusant la politique annoncée par le rectorat de regroupements ou fusions d’établissements, « nous sommes pour des écoles, collèges et lycées à taille humaine »

 

comuniqué de presse FCPE/Syndicats enseignants


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